L’Etat norvégien est le premier fonds actionnaire du CAC 40
[ 10/07/08 ]
Le fonds souverain norvégien The Government Pension Fund a renforcé sa présence dans le capital des sociétés du CAC 40. Il est désormais le premier fonds ouvert, selon le baromètre OpinionWay, pour Rothschild et « Les Echos ».
Le petit pays qu’est la Norvège est très présent dans les marchés boursiers internationaux. Avec plus de 12 milliards de dollars dans l’indice parisien, le fonds de pension norvégien, The Government Pension Fund-Global est le premier fonds actionnaire du CAC 40, d’après le baromètre OpinionWay réalisé pour Rothschild et « Les Echos » (1). Il s’est fortement renforcé ces derniers mois puisqu’il ne figurait qu’à la quatrième place lors de la dernière enquête publiée au printemps 2007 (avec près de 7 milliards de dollars investis).
Dans le détail, le fonds norvégien est le premier OPCVM (fonds ouverts et assureurs investissant pour compte propre) de cinq poids lourd du CAC 40 : Alcatel-Lucent, ArcelorMittal, Carrefour, Société Générale et Total. Mais la France n’est pas le seul pays à attirer ses faveurs. Il a aussi renforcé son poids dans les autres grands indices. Il figure ainsi toujours à la première place du Footsie 100, en Grande-Bretagne, au troisième rang du DAX, en Allemagne, et demeure le premier étranger du Dow Jones, aux Etats-Unis.
Les fonds français en retrait
Ce baromètre montre une décrue constante des fonds français dans l’indice hexagonal. Certes, les compagnies d’assurances occupe toujours une place importante dans le CAC 40, mais, en termes de montants investis, les fonds américains sont de mieux en mieux représentés (voir tableau). Le Fonds de réserve pour les retraites arrive ainsi en 10e position des fonds. Plus globalement le poids des fonds français est passé de 38,6 % en juin 2005, au lancement de l’étude, à 35,4 %, en juin 2008, après un pic en mars 2006 (38,9 %). « Le CAC 40 présente une bonne diversification géographique, mais les fonds domestiques sont peu présents comparativement aux indices britannique et américain. C’est un élément de fragilité supplémentaire pour les titres français, les investisseurs internationaux ayant davantage tendance à se replier sur leur marché domestique lors de crise », soulignent Sophie Javary et Geoffroy Châteauvieux, associé gérant et fondé de pouvoir chez Rothschild.
Les fonds allemands ont également baissé, passant de 15,3 % à 10,8 %, en trois ans, au profit notamment des fonds néerlandais, présents dans Unibail-Rodamco ou encore ArcelorMittal.
En fait, le rééquilibrage s’est surtout fait en faveur des américains : leur part parmi les fonds ouverts a nettement progressé (de 17,9 % à 24 %). Certes, le mouvement est, en partie, lié aux changements dans la composition de l’indice hexagonal depuis 2005, mais il rappelle aussi la forte présence des anglo-saxons au capital des grands groupes. Les américains représentent ainsi plus du tiers du total des fonds ouverts d’Alstom, EADS, EDF, Michelin, Pernod Ricard, Renault, Schneider Electric, STMicroelectronics et Veolia.
MARINA ALCARAZ
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